Partie III: QUAND LE SPORT DEVIENT NOCIF

 

III°/ QUAND LE SPORT DEVIENT NOCIF

 

         Les sportifs recherchent la performance à tout prix. Il existe deux types de sportifs de haut niveau : ceux qui appliquent les méthodes légales : l’entraînement, l’alimentation spécifique, l’altitude … D’autres, contournent ces contraintes, en utilisant des méthodes plus rapides comme le dopage, qui est une question d’actualité. Ces méthodes engendrent de nombreuses conséquences néfastes à la santé. 
        On recense une infinité de substances dopantes, cependant celles que nous avons choisies de décrire correspondent à nouveau aux trois idées développées dans les parties précédentes. Nous traiterons donc des produits à action anabolisante, à action d’augmentation de transport de gaz et à action stimulante.

 

        1) Produits à action anabolisante

 

        a) Les stéroïdes

 

        Les stéroïdes sont des hormones, liées à une hormone sexuelle mâle : la testostérone.

Le nom hormone vient du grec hormao signifiant « je stimule, j'excite ». Elles sont libérées dans la circulation sanguine, et viennent se fixer sur des récepteurs spécifiques, à l’image d’une clef dans la serrure.

 

        Les stéroïdes augmentent la masse des muscles en augmentant la vitesse de synthèse des protéines. Cependant, ces hormones favorisent les caractéristiques masculines : elles développent la pilosité, la voix grave, etc.…

        Les stéroïdes s’administrent par voie orale ou par injection.

 

Les principaux effets secondaires des stéroïdes :

-    Les effets secondaires psychologiques correspondent à l’apparition d’agressivité, d’irritation, de colère s’accompagnant de sautes d’humeurs fréquentes, ainsi que le développement de la paranoïa. 

-    Les effets secondaires physiques sont indiqués sur le schéma ci-dessous.

 

 

 

        Pour éviter les effets physiques secondaires, certaines personnes dopées aux stéroïdes suivent des traitements, notamment contre l’acné. Leurs propres effets secondaires sont donc amplifiés à cause de cette combinaison incompatible.

        Le nombre d’utilisateurs qui partagent seringues et fioles est estimé à 7500. Or, ce manque de précaution augmente considérablement le risque de contracter une maladie telle que l’hépatite B ou C, le VIH (virus responsable du Sida).

 

        b) Les béta-agonistes ou béta-stimulants. 

        Il s’agit de substances qui agissent sur le système nerveux.

        L'administration des bêta-stimulants peut se faire sous différentes formes : par voie orale, par injection, en aérosols ou en suppositoires. Ils sont à la base utilisés comme médicament.

Les béta-agonistes viennent se placer sur des récepteurs spécifiques à l’adrénaline, ce qui a pour conséquence les mêmes effets que cette dernière, ainsi qu’une augmentation de la fréquence cardiaque et un relâchement des muscles bronchiques.

Or, l’adrénaline prépare l’organisme à l’effort : elle active la respiration, la circulation, influe sur les émotions et la pensée.

        A terme, les béta-agonistes permettent une diminution des graisses et un gain de masse musculaire, deux fois plus important qu’avec une ingestion de testostérone ou stéroïdes, à des doses plus importantes que des doses thérapeutiques.

Ainsi, il a été prouvé au XXème siècle que des marathoniens stimulés aux béta-anabolisants maintenaient le sprint final plus longtemps que les athlètes sains.

 

Les principaux effets secondaires des béta-agonistes :

Ils sont semblables à ceux des stéroïdes.

        -    Une équipe de chercheurs australiens a réalisé l’expérience suivante :

Deux groupes de rats ont été soumis à des entraînements de course et de nage. Un des deux groupes était dopé aux béta-stimulants. Les premières semaines ont donné des résultats attendus : les rats dopés étaient plus performants. Or, la quatrième semaine, les résultats se sont inversés : les rats dopés montraient des signes de faiblesse et d’épuisement.

Après dissection, il a été conclu que les fibres musculaires, par l’utilisation de béta-agonistes, sont remplacées par du tissus conjonctif (tissus vasculaire qui isole les organes du corps) ce prouve le risque d’arrêt cardiaque.

          -     On observe également d’autres effets secondaires : tremblements et agitation, céphalées récurrentes, vertiges, ruptures tendineuses et déchirures musculaires, élévation des risques de cancer tel que le cancer du foie, pathologies cardiaques…

 


2) Produits à action principale sur le transport des gaz

 

        a) L’autotransfusion  

        Cette technique revient à se prélever environ un litre de sang, pour ensuite se le réinjecter quelques semaines avant une compétition.

En effet, l’organisme détectant un manque de volume sanguin, en régénère. Lors de la réinjection, l’individu possède de cette manière plus de sang dans son organisme, et ainsi plus de globules rouges. Par conséquent, le transport d’oxygène est plus rapide et les performances augmentent de 10 à 20 % pendant environ deux semaines.

        De ce fait, l’athlète augmente ses capacités respiratoires et ses performances physiques.

Les principaux risques :
Suite à une autotransfusion, les hématies ou globules rouges peuvent se détruire, d’où le risque d’allergies, d’infections bactériennes ou virales comme l’hépatite, la contraction du virus VIH, des problèmes cardiaques, des caillots de sangs provocateurs d’embolies .        

 

        b) L’EPO : érythropoïétine  

        L’origine de l’EPO se traduit par un apport insuffisant d’oxygène au niveau des tissus (hypoxie tissulaire réduite), il stimule les reins qui secrètent dans le sang l’hormone érythropoïétine qui stimulera de même l’érythropoïèse (l’ensemble des phénomènes qui maintient le nombre de globules rouges et le taux d'hémoglobine dans la moyenne), ainsi le taux de globules rouges augmente ainsi que la capacité de transport de dioxygène réduisant ainsi l’hypoxie tissulaire :

 

 

 

        L’EPO est utilisée par les sportifs, ils se l’injectent pour augmenter leur nombre de globules rouges. Grâce à cette augmentation, cette « drogue » leur permet d’élever la concentration d’oxygène apportée aux muscles,  la capacité respiratoire,  une diminution de sensation de fatigue et du temps de récupération.

 

Les principaux risques :

-    A court terme, on observe l’épaississement du sang dû au nombre plus élevé de globules rouges. Cet épaississement a pour risque de boucher les petites artères et de faire apparaître des thromboses (caillots sanguins).

Par exemple, on sait que les cyclistes ayant consommés de l’EPO doivent se réveiller la nuit pour effectuer des pompes afin de rendre le sang plus fluide.

-    A long terme, on observe une augmentation du risque d’infarctus cérébral et du myocarde, d’hypertension artérielle, d’embolies pulmonaires, de dérèglement naturel de la formation de globules rouges, de cancers du rein, de maladies auto-immunes (comme l’absence de production d’EPO naturel) ou de mort subite.

 

        c)  La grossesse  

        En début de grossesse, le nombre de globules rouges augmentant, l’oxygène circule plus rapidement et ainsi, la respiration est plus aisée, la femme pratiquant du sport est donc plus performante. La consommation d’oxygène augmente ainsi de 10 à 30%. Etre enceinte permet d’avoir un avantage en compétition sur ses concurrentes. Suite à cela, il suffit alors à la sportive d’avorter pour mettre un terme à cette grossesse et pouvoir ainsi continuer le sport

        Cette pratique relève d’un problème de société : l’avortement. En effet, elle est souvent dénoncée, mais elle n’est pas interdite en compétition par l’Agence Mondiale anti-dopage car la grossesse est un phénomène qui reste naturel. Il reste cependant le problème moral que nous ne pouvons ignorer.

 

         d) Le venin de serpent 

         Il existe une autre méthode plus étonnante, il s’agit de l’utilisation d’une substance apparentée au venin de serpent.

En médecine, la pentoxifylline est prescrite pour les personnes âgées atteintes de troubles de la mémoire.

        Cependant, son utilisation est dérivée. Elle est utilisée comme dopage, pour élever la capacité de transport des gaz par le sang et faciliter l’effort, diminuer la douleur.

Les principaux effets indésirables :

Ce médicament entraîne des effets indésirables tels que des nausées, vomissements, brûlures gastriques et diarrhées, fatigues cardiaques, hémorragies, embolies, hypotensions artérielles, insomnies, vertiges, bouffées de chaleurs fréquentes…

 

 

3) Produits à action principale stimulante

 

       a) Les amphétamines 

        Les amphétamines stimulent le système nerveux.

A l’origine, les amphétamines sont prescrites lors de traitement contre l’obésité.

En effet, ces substances provoquent une sensation d'être imbattable, le consommateur ne ressent plus la fatigue et sa faim est coupée.

 

Les principaux effets indésirables :

-    Chez la femme enceinte, les amphétamines attaquent le foetus car elles sont capables de passer à travers le placenta.

-    On observe au sein de l’organisme, un affaiblissement physique,  de l’acné importante, une décalcification des os (diminution de la teneur osseuse en calcium), une immunodépression (affaiblissement du système immunitaire), des insomnies, des troubles de l’humeur (nervosité, irritabilité, anxiété), des troubles cardio-vasculaires (hypertension artérielle pulmonaire), des problèmes érectiles majeurs, de la paranoïa…

 

 

        b) Les corticoïdes

       Les corticoïdes, ou cortisone, sont utilisés par les sportifs pour retarder la fatigue et améliorer leur état physique.

Le second effet des corticoïdes est une action anti-inflammatoire et antidouleur.

 

Les principaux effets indésirables :

-    A court terme, on peut observer une hypertension artérielle, une prise de poids (boulimie), une hyperexcitation, des ulcères digestifs (bien moins fréquents qu'avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'aspirine ou le Voltarène), des infections, du diabète, etc. ...

-    À long terme, le risque concerne les infections, les déminéralisations osseuses (ostéoporose), les tendinites, le retard de croissance chez l'enfant, cataracte, les fragilités cutanées, les atrophies et déstructurations musculaires. 

 

        c)  Les bêtabloquants 

 

        Les bêtabloquants sont des hormones. Contrairement aux béta-agonistes, ils bloquent l'action de l'adrénaline.

Il s’agit de médicaments utilisés en cardiologie afin de réguler et ralentir le rythme cardiaque, diminuer la tension artérielle et l’excitabilité cardiaque. Ils permettent aussi de diminuer les tremblements.

En dopage, ils sont utilisés comme antistress. Leur ingestion permet une meilleure concentration, un plus grand contrôle des émotions, notamment pour la relaxation.

Les principaux effets indésirables :

On observe une diminution du rythme cardiaque, une réduction de la pression sanguine, des signes de fatigue et des insomnies, et plus rarement des dépressions psychiques. De plus, si la prise de bétabloquants est irrégulière, elle peut entraîner des risques d'infarctus et de mort subite.

 

 

 

        =>   De manière générale, nous avons pu constater dans cette dernière partie que la consommation de substances dopantes a, la plupart du temps, comme conséquence des effets plus ou moins néfastes pour le consommateur. La prise d’anabolisants vise à accroître la masse musculaire malgré les risques d’intoxications, de cancers, ou d’accidents cardio-vasculaires... La prise de produits à action principale sur le transport des gaz vise elle à augmenter la capacité de transport des gaz. Cependant, elle peut provoquer des infections, un sang visqueux impliquant une fatigue cardiaque, des embolies...  Enfin, la prise de stimulants a des effets sur l’état psychologique du consommateur, permettant une augmentation de la volonté, des effets euphorisants, une réduction de la sensation de fatigue … Cependant, ils provoquent égalements des effets secondaires : délires, troubles cardiaques, amaigrissement…

Tous ces effets négatifs, masqués par les bienfaits, peuvent à long terme être mortels...

 

TPE 2010-2011 : DIANE LE BIGOT, CELINE DUPREZ, ANNE-CHARLOTTE DUCRET

DANS QUELLES MESURES LE SPORT INTENSIF PEUT-IL DEVENIR NOCIF POUR LA SANTE?

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